Kazakhstan - De l'emprise soviétique au pivot eurasiatique
- Pablo Lechapelier

- 28 juin
- 11 min de lecture
Le Kazakhstan s’extrait peu à peu de sa dépendance à Moscou, héritée du régime soviétique, grâce à un partenariat et des échanges accrus avec Pékin depuis les années 2000 ainsi qu’une intégration économique et politique à la stratégie des nouvelles routes de la soie.
Même si Astana tire de la rivalité sino-russe l’assurance d’une souveraineté partielle, c’est surtout grâce à sa diplomatie multivectorielle, ses échanges avec la Turquie ou l’Europe, et son intégration à de nombreuses organisations internationales et régionales, qu’elle parvient à jouer sur son appartenance culturelle et historique au monde asiatique, turcique, et musulman.
Avec un État social (au sens rousseauiste) en pleine réforme politique et institutionnelle depuis l’arrivée du président Kassym-Jomart Tokayev au pouvoir (2019), tout l’enjeu est pour le Kazakhstan de poursuivre et consolider ses échanges privilégiés avec ses voisins et grandes puissances régionales tout en restant fidèle à sa diplomatie de “non-aligné” et sans activer ou réactiver des mécanismes de dépendance.
Recompositions et réformes internes
Avec un paysage géographique et démographique caractéristique des pays d’Asie Centrale, les contrastes entre ruralité et urbanisation sont encore très présents sur le territoire Kazakh. Tokayev, président depuis 2019, tente de combiner réformes institutionnelles (sur la même lancée que son voisin ouzbek), modernisation économique et État social, sans pour autant mettre de côté ouverture et numérisation.

3 ans après son arrivée au pouvoir, le président kazakh s’est lancé dans un projet de réformes pour un système “plus représentatif” selon ses mots (conférence de presse du 18.03.2023). Avec un référendum (juin 2022) visant un président fort, un parlement influent, et un gouvernement responsable, l’objectif affiché consiste en un retour à un système mixte à l’assemblée (nationale et aux assemblées locales). Les seuils d’enregistrement au Mazhilis (la chambre basse du parlement) imposent alors un quota de 30% de femmes. Plus qu’une volonté d’établir une démocratie complète, il s’agit ici d’une réforme visant à légitimer le pouvoir, faire remonter les vrais préoccupations populaires.
Défini dans sa propre Constitution comme un “État Social”, Tokayev insiste depuis son arrivée au pouvoir sur les impératifs et obligations de l’État en matière de santé, de sécurité sociale et de culture. Pour cause, l’État a alloué 7,8 milliards au développement du système de santé en faisant sa priorité (PIB de 291 milliards), peut-être pour compenser les dysfonctionnements structurels (opacité des enregistrements, absence de digitalisation, dérives dans le privé). En termes d’éducation, pilier stratégique selon le premier ministre Olzhas Bektenov, 217 “Schools of the Future” sont prévues pour 2027, alors que l’accent est mis sur l’accès aux zones rurales et les formations techniques.
L’ouverture Kazakhe par la diversification économique
Astana souhaite sortir d’un modèle trop dépendant des matières premières hérité des systèmes de planification soviétiques. Pour se faire les industries de transformations sont davantage mobilisées, l’État reste interventionniste dans le sens où il oriente les capitaux, infrastructures et priorités sectorielles pour répondre à ces besoins.
Pour se donner les moyens de ses ambitions, le pays mise également sur une ouverture via une politique attractive pour ses visas (free-visa policy depuis le 1er janvier 2022), mais aussi son investissement dans le tourisme. Selon le ministère du Tourisme, 15,3 millions de visiteurs étrangers sont venus en 2024 pour différents motifs touristiques ; au 1er semestre 2025, le pays avait déjà reçu 7,5 millions de visiteurs étrangers, dont 5 millions restés plus de 24 heures, tandis que le Bureau national des statistiques recense pour janvier-décembre 2025 environ 10,087 millions de visiteurs servis par les structures d’hébergement, 4 482 unités d’accueil et une capacité instantanée de 232.900 lits. Au total, c’est près d’1,15 milliard d’euros qui a été investi.
Une doctrine d’équilibre
La doctrine kazakhe s’appuie sur une diplomatie multivectorielle équilibrée entre les grandes puissances asiatiques, turques, russes et occidentales et la participation d’Astana aux discussions dans les institutions régionales et internationales, compensant ses faibles capacités de projection.
Puissance moyenne, et enclavée, elle est aussi charnière. Son président Kassym-Jomart Tokaïev ambitionne de : protéger la souveraineté, stabiliser l’Asie centrale, devenir un hub eurasiatique, et exister diplomatiquement par le multilatéralisme, la médiation et la non-prolifération.
Depuis la Guerre en Ukraine, le pays recentre ses objectifs à moyen terme sur la souveraineté territoriale et remobilise plus que jamais ses capacités de médiation fondées sur les pourparlers d’Almaty (sur le nucléaire iranien, 2013), ou du plus célèbre processus d’Astana sur la Syrie en 2017.
Le “Legal Act” de la politique étrangère Kazakhe publié en 2020 prévoit pour la décennie 2020-2030 un pragmatisme et un équilibre entre défense d’intérêts nationaux, coopération (et aide) régionale, uniquement si celle-ci lui est bénéfique. Il est alors impératif pour Astana d’éviter tout alignement et dépendance exclusive et de garder une marge de manœuvre diplomatique et économique entre grandes puissances.
Aussi, alors que le Kazakhstan transforme l’abandon de son arsenal (soviétique) en capital durable et ligne politique, notamment via son implication dans les négociations du traité de Non-Prolifération (TNP), il accueille aussi la banque d’Uranium de l’AIEA (Oskemen) et soutien constamment les zones exemptes d’armes nucléaires, l’amenant à appuyer son rôle autoproclamé de Suisse de l’Asie Centrale.
Le Kazakhstan multiplie les enceintes, refusant de dépendre d’un seul bloc, tant axé sur la coopération avec la Russie (OTSC - Organisation du Traité de Sécurité Collective) que la Chine (OCS - Organisation de Coopération de Shanghai), tout en affirmant son indépendance (CEI - Communauté des États Indépendants) lui permettant de jouir d’une multiappartenance asiatique, turcique, asiatique et musulmane et d’une capacité de connexion (de par sa position politique et géographique) sans avoir jamais à répondre des impératifs imposés aux pays satellites des grandes puissances.

Autonomisation et diversification militaire
L’armée kazakhe est d’abord pensée pour la défense territoriale, la protection de ses frontières et la sécurité vis-à-vis de son voisinage, en cas d’agression ou en soutient à ses alliés. Alors que l’armée kazakhe compte 110.000 actifs, 135.000 réservistes et 55.000 forces paramilitaires, la majorité des forces terrestres et la marine sont concentrées sur le front caspien, occupé à sécuriser les infrastructures énergétiques, les voies maritimes et le littoral de manière générale. Des exercices réguliers sont organisés, y compris, depuis 2026, contre des drones et “kamikaze boats”, de plus en plus utilisés dans les conflits modernes.
L’armée Kazakhe se modernise en effet de plus en plus, notamment dans un but de fin de la dépendance vis-à-vis de Moscou. Elle importe depuis plus d’une décennie du matériel turc (Blindés Arlan et Cobra II, drones ANKA et Bayraktar), malgré son retard en termes de guerre électronique. C’est aussi pour diversifier son approvisionnement qu’Astana mobilise les usines occidentales (aviation, systèmes de radars), tout en comptant une majorité de leur équipement issu de l’héritage russe.
Aussi utilisée comme un outil de dissuasion et de crédibilité internationale, les forces armées Kazakhes sont un outil diplomatique ; mobilisées dans le cadre de l’UNDOF au Golan en 2024, plus de 630 militaires Kazakhes sont mobilisés par l’ONU au Liban, Sahara, RCA, et RDC.
Un voisinage proche mobilisé par les projets d’Astana
Si le rôle de la défense kazakhe joue dans son objectif de stabilisation régionale pour permettre croissance, investissements étrangers et influence régionale et mondiale, c’est surtout par ses projets (eau, énergie, corridors, lutte contre le trafic) qu’Astana fédère ses voisins et tente de montrer l’exemple dans les sommets régionaux et internationaux (Sommet Asie Centrale - Italie, tenu à Astana en mai 2025).

Astana et Tachkent, par leur taille et leur intégration économiques dans le marchés mondiaux, nouvelles routes de la soie, et forums diplomatiques, forment un couple (comparable au couple franco-allemand), qui constitue un moteur régional. A titre d’exemple, le corridor de transport transcaspien participe à replacer les deux pays au centre des hubs régionaux.
Avec le Kirghizistan, les deux pays se qualifient mutuellement d’alliés et jouissent d’une proximité culturelle et politique qui permet de renvoyer une image de cohésion centre-asiatique que certains vont jusqu’à qualifier de quasi-fédérale (Georgeta Pourchot et Yannis A. Stivachtis), partager des positions quasi constamment communes à l’AIF (Astana International Forum) et des programmes éducatifs communs (Université kirghizo-kazakhes à Bichkek, Almaty et Astana).
Avec Ashgabat, capitale du Turkménistan les relations sont plus prudentes et pragmatiques. Bien que partageant des infrastructures de transport et des visites bilatérales fréquentes (dernière visite de Tokayev à Achgabat en décembre 2025), la neutralité turkmène (neutralité permanente reconnue par l’ONU depuis 1995) l’empêche d’intégrer toute alliances militaires et se traduit par une méfiance dans les grandes organisations internationales, d’autant que la relative fermeture du régime turkmène contraste avec la diplomatie multivectorielle kazakhe, sans compter la concurrence énergétique qui limite les coopérations bilatérales entre les deux pays.
Quant à l’Afghanistan, le gros des relations bilatérales repose sur la coopération sécuritaire. Alors qu’Astana fait régulièrement état de ses préoccupations vis-à-vis du terrorisme, de l’extrémisme, des trafics, de l’instabilité régionale et des vulnérabilités souveraines afghanes, le Kazakhstan opte pour une approche qui oscille entre prudence, coopération économique ciblée et aide humanitaire (surtout à Hairaton et Balkh), surtout depuis le rétablissement de la “ligne téléphonique” symbolique entre les deux ministres depuis novembre 2025.
La dépendance russe, structurelle et historique
Si le partenariat est presque imposé de facto par l’héritage soviétique et la géographie (les deux pays partagent plus de 7000 km de frontière ; plus longue frontière terrestre au monde), l’influence russe reste aussi centrale pour les pays centre-asiatiques en général par sa langue, car tous encore profondément, aussi par leur dépendance structurelle, dans l’espace post-soviétique (UEEA et OTSC). Aussi, le russe reste la langue officielle de l’administration, dans l’éducation et majoritairement dans les médias, d’autant que 14% de la population Kazakhe est russe.
En janvier-décembre 2025, le commerce du Kazakhstan avec les pays de l’UEEA (dont la Russie représente 88% du commerce intra-UEEA) a atteint 30,9 milliards de dollars. Plus largement, la Russie est un grand client du Kazakhstan (10%) mais surtout son premier fournisseur (29%).
Au delà du commerce, les grands projets structurent aussi les relations bilatérales des deux pays, élevés au rang de “partenariat stratégique global” en novembre 2025. Sur les sujets “aviation et espace” par exemple, les projets Baïkonour, Baiterek, Soyuz-5, dont Sergueï Lavrov (Ministre russe des affaires étrangères) annonçait le mois dernier la phase finale, occupent une grande partie des ingénieurs.
Si Astana ne souhaite pas rompre totalement avec Moscou, elle refuse cependant de s’aligner totalement sur ses positions. Sa stratégie, consiste alors à conserver une coopération structurelle pragmatique tout en traçant consciencieusement des lignes rouges politiques quant à sa souveraineté et à son intégrité territoriale, surtout depuis 2022 et la guerre en Ukraine, au sujet de laquelle Tokayev a déclaré qu’il ne reconnaîtra ni les formations quasi-étatiques de Louhansk et Donetsk, ni les référendums dans les territoires occupés de l’est, restant ainsi fidèle au principe de non-alignement.
L’inviolabilité des frontières est un principe d’autant plus important que le Kazakhstan est un pays limitrophe de la Russie, à forte population russe et par extension russophone. En cherchant une autonomie croissante sans sortir nécessairement de l’orbite russe, un partenaire essentiel dans le cadre de sa stratégie de diversification s’est rapidement démarqué au début des années 2000.
L’alternative turque par les « socles communs »
La Turquie revêt le rôle de partenaire essentiel pour le Kazakhstan en cela qu’elle est essentiel à sa diversification économique, militaire et diplomatique en lui permettant d’abord de s’extraire partiellement du “tête-à-tête” sino-russe et lui offrant une ouverture stratégique sur le Caucase, la mer Noire, la Méditerranée et le Moyen-Orient, mais aussi, et paradoxalement, sur les marchés russes.
Le socle turçique, qui comprend une mémoire historique (ancêtres communs, héritage nomade, empires fédérateurs des Göktürks) et un aspect linguistique (intercompréhension partielle) commun font d’Ankara un partenaire naturel. Alors que les deux pays se ressemblent aussi par leur composition religieuse (majorité musulmane sunnite et influences soufies), l’influence de la diplomatie éducative turque et la projection de son soft power (séries turques, littérature) témoignent du rôle central et grandissant de la Turquie dans le monde centre-asiatique et de ses capacités de captations.
Avec un partenariat stratégique renforcé en 2022, les deux pays, qui partagent des sièges à l’organisation des Etats turciques, se rendent régulièrement visite (visite officielle de Tokayev en Türkiye en juillet 2025). Côté économie, ce sont plus de 4000 entreprises turques qui sont implantées au Kazakhstan et près de 5,8 milliards d’IDE qui correspond a près de 4% du PIB Kazakhe.

La Chine comme solution structurante
Le Kazakhstan est non seulement un voisin essentiel à la stratégie chinoise (Nouvelles routes de la soie), qui a vu émerger en 2013 la Silk and Road Initiative à Astana, faisant du pays un des fondateurs du grand projet eurasiatique, sur un plan géographique mais aussi politique. En ce sens, Astana est une plateforme de la diplomatie chinoise, en témoigne la tenue du deuxième “China-Asia Central Summit” à la capitale Kazakhe le 18 juin 2025, les déplacements réguliers du président chinois, et la promesse d’1,5 milliard de yuans d’aide pour les projets Kazakhes.
L’entente est basée sur l’accord implicite suivant : Pékin permet au Kazakhstan de réduire sa dépendance à la Russie sans basculer dans un alignement avec l’Occident et en assurant régulièrement, surtout depuis l’agression russe de 2022, l’importance de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de ses voisins et partenaires, en échange de quoi Astana soutient ses projets économiques.
A titre d’exemple, et grâce à l’instauration d’un régime bilatéral “0 visas”, le nombre de visiteurs chinois est passé de 18.000 en 2022 à 367.000 en 2023.
La Chine est depuis 2022 le premier partenaire commercial du Kazakhstan et détrône la Russie avec 43,8 milliards de dollars d’échanges. Cette position est notamment due à l’élargissement des échanges aux secteurs de l’agriculture, du tourisme, de la logistique, avec plus de 224 projets communs pour une valeur totale de 66 milliards de dollars et 50.000 emplois. La Chine, de son côté, investit dans l’économie kazakhe, notamment par ses structures : juin 2025, le groupe chinois Zijin Mining a acquis la mine d’or kazakhe de Raygorodok pour 1,2 milliard de dollars.

Ainsi, la Chine investit depuis peu plus que la Russie à Astana, notamment en lui apportant un grand marché et des projets d’infrastructure. Comme la première partie de l’explication du partenariat pouvait laisser pressentir, le cœur des relations sino-kazakhes s’articulent autour du transit. Astana, dont la géographie sépare l’Europe et l’Asie, profite des captations issues du transit des marchandises entre les deux continents. Aussi, des projets comme la construction du passage ferroviaire Ayagoz–Tacheng, le développement des hubs frontaliers de Khorgos et Alashankou, ou la Trans-Caspian International Transport Route témoignent des dynamiques bilatérales.
Astana voit en la Chine un marché alternatif et une assurance pour sa souveraineté et sa sécurité tandis que Pékin profite de ce verrou terrestre dont la géographie relie Asie Centrale, Caspienne et Europe. Une dépendance qui devient à son tour un risque : L’enjeu avec la Chine est maintenant de ne pas tomber dans la même dépendance que la Russie. la Chine est bien plus puissante (économiquement, démographiquement, technologiquement), impliquant de facto un déséquilibre. Utiliser la Chine comme levier contre la Russie grâce à la rivalité sino-russe, n’implique pas qu’une dépendance à celle-ci soit préférable, en témoignent les manifestations contre l’influence chinoise de 2019 à Astana.
Rééquilibrage et avantages du marché européen
Alors qu’elle sert de contrepoids occidental aux influences des partenariats chinois et russes non sans dangers, l’Europe à cela de bien qu’elle est source de norme, technologies et légitimité diplomatique. Principalement rétabli par le EPCA (Enhanced Partnership and Cooperation Agreement) signé en 2015 entre l’Union Européenne et l’Asie Centrale, cette nouvelle ligne commerciale se voit élevée au rang de partenariat stratégique en 2025, institutionalisant ainsi les investissements dans de vastes domaines (commerce, investissements, énergie, transport, environnement, justice, éducation, recherche, coopération économique et financière).
Aux objectifs de diversification des partenaires s’ajoutent ceux de diversification des domaines économiques. Et économiquement, l’Europe est le partenaire qui en apporte le plus, sans exiger d’alignements exclusifs. Environ 34% du commerce extérieur total kazakhe provient du vieux continent (45 milliards en 2024), tandis que la moitié de ses IDE sont européens. Avec des standards qualitatifs et un cadre pour les services, l’UE répond aussi aux offres kazakhes par souci d’intérêts mutuels (uranium, métaux, énergie...).
Les deux pays partagent l’impératif d’une fin aussi rapide que possible aux dépendances énergétiques russes (depuis la guerre en Ukraine pour l’UE), fondé sur ces objectifs communs, un memorandum avait été signé en 2022 ( “Raw materials, batteries, and renewable hydrogen).
A contrario de Moscou, si l’UE ne soulève aucune crainte liée à la prédation, elle ne fournit par ailleurs aucun parapluie sécuritaire comparable aux cadres post-soviétiques, et la situation Ukrainienne pèse sur les relations en ce sens que la prévention du contournement des sanctions contre la Russie est devenue un sujet important dans les relations UE–Kazakhstan, de la sorte qu’ils furent rappelés et encouragés lors de la 22ème réunion du Cooperation Comitee (juin 2025). Dans le cadre, le 19ème paquet de sanctions européennes d’octobre 2025 a touché 4 banques Kazakhes liées aux systèmes de paiements russes, critiquant une neutralité qui n’en était pas vraiment une.

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